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BE-VOLT, la première gigafactory de batteries LFP du Benelux

Noshin Omar, professeur à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et spécialiste du stockage de l’énergie, a fondé AVESTA Holding en 2019 sur la base d’un pari technologique audacieux : produire en Europe des batteries lithium-fer-phosphate (LFP) haute performance, sans nickel ni cobalt. Avec sa filiale Avesta Battery & Energy Engineering, AVESTA Holding a choisi la Wallonie pour construire sa première gigafactory BE-VOLT.

Alors que le marché des batteries LFP est aujourd’hui dominé par les fabricants chinois, le holding flamand a fait très tôt le choix de cette technologie. « Nous sommes fiers d’avoir cru en cette technologie dès le départ et d’avoir pu développer ce projet grâce à nos propres ressources », explique Shilan Omar, directrice financière (CFO) d’AVESTA Holding. Avec le soutien actif de l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX), le projet prend désormais forme. Le permis unique de l’usine de Seneffe-Manage a été délivré en août 2025 et les travaux de construction ont commencé.

« BE-VOLT sera la première gigafactory de batteries LFP du Benelux. » Avec une capacité initiale de 3 GWh par an, l’objectif est d’atteindre 10 GWh d’ici 2030. La production est déjà entièrement commercialisée avant même l’ouverture du site. Les batteries alimenteront des systèmes de stockage d’énergie résidentiels, des véhicules électriques légers, ainsi que des équipements maritimes et hospitaliers, dans un rayon de 500 kilomètres, afin de privilégier des usages logistiques à faible impact environnemental. « Nous prévoyons de recruter une centaine de personnes lors de la première phase, puis d’employer entre 200 et 300 collaborateurs à long terme. »

Mais BE-VOLT ne se limite pas à une simple ligne d’assemblage. « Toute entreprise qui commercialise des batteries LFP doit être capable de les recycler, et l’Europe accuse aujourd’hui un retard important dans ce domaine. » Un centre de recyclage d’une capacité de 30 000 tonnes est ainsi prévu. Il utilisera un procédé mécanique, beaucoup plus économe en énergie que les techniques employées pour le traitement des batteries au nickel-cobalt. Les activités de recherche et développement sont quant à elles basées au siège d’AVESTA à Ninove, qui regroupe les laboratoires et les capacités d’innovation de l’ensemble du groupe.

Et Seneffe n’est qu’un point de départ. AVESTA lance simultanément plusieurs projets dans différents pays européens. « La Wallonie est notre vitrine. Nous visons la création de quatre à cinq gigafactories en Europe au cours des dix prochaines années. »

WAB Magazine